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L’alimentation au travail

Alice Casati

Alice Casati

Psychologue spécialisée en Psychologie du Travail et des Organisations
Diplôme obtenu à l’Université de Tours, France
Actuellement volontaire psychologue pour l’ONG IASIS à Athènes

Le bien-être au travail est un enjeu majeur de notre société actuelle. Il réfère à la santé physique, psychologique, émotionnelle et sociale des salariés dans leur environnement de travail. Selon la définition commune de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé au travail vise trois objectifs distincts :

  • Maintenir un haut degré de bien-être physique, mental et social des salariés.
  • Prévenir les risques auxquels sont exposés les employés sur leur lieu de travail et ainsi les protéger de tous dommages.
  • Maintenir les salariés dans un emploi adapté à leurs capacités physiologiques et psychologiques.

Les risques psychosociaux

Malgré les obligations légales de construire une démarche de prévention des risques psychosociaux (RPS), un nombre grandissant de salariés déclarent souffrir de symptômes liés aux RPS. Engendrés par des conditions d’emploi et des facteurs organisationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental, ils représentent des risques pour la santé mentale, physique, et sociale.

À terme, les situations de travail où sont présents ces risques peuvent mener à divers troubles tels que du stress, des troubles de la concentration, du sommeil, de l’irritabilité, une fatigue importante ou encore des troubles du comportement alimentaire. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont largement associés à des situations de travail où les RPS sont présents.

Conditions de travail et alimentation

Les environnements de travail sont très variables : bureaux individuels, collectifs, usines, travail en extérieur, télétravail… Les conditions et milieux de travail influent sur la façon dont les travailleurs s’alimentent.

La plupart des travailleurs prennent la moitié de leurs repas principaux au travail du fait de l’éloignement de leur domicile et de la pratique de la journée continue. Il est nécessaire d’être attentif aux conditions de travail particulières prédisposant aux troubles nutritionnels : le travail posté en équipes et de nuit, le travail en ambiance froide ou chaude, le travail physique intense, les déplacements professionnels fréquents avec repas d’affaire…

La santé nutritionnelle au travail doit prendre en compte l’examen des besoins nutritionnels spécifiques mais également les lieux où les employés prennent leurs repas. L’hygiène alimentaire sur le lieu de travail, le rythme, la quantité et la qualité de la prise alimentaire doivent faire l’objet d’une attention soutenue pour éviter les déséquilibres nutritionnels.

Les bonnes pratiques alimentaires en entreprise

Afin d’opter pour de bonnes pratiques alimentaires, il est important de respecter une répartition alimentaire durant la journée, de disposer d’un lieu de repas séparé du lieu de travail, de bénéficier d’une durée de pause suffisante et de limiter l’alimentation lors des pauses. Aussi, les règles diététiques recommandent de répartir de manière équilibrée les trois grands types de nutriments (glucides, protides, lipides) en évitant l’ingestion excessive de lipides et de glucides rapides (fritures, pâtisseries, boissons sucrées), et de respecter un apport d’alimentation variée (viandes, légumes, fruits et laitages).

Conclusion

Sous l’effet des mutations du monde du travail (réduction des temps de repos, individualisation du travail, exigences accrues…), la considération des risques psychosociaux est devenue incontournable. La prévention en entreprise doit prendre en compte la promotion de bonnes pratiques alimentaires au même titre que la prévention des autres risques professionnels. Une saine alimentation sur les lieux de travail doit être une préoccupation des employeurs et de la médecine du travail, car elle influence les conditions de travail et par la suite la santé, la sécurité et la productivité des travailleurs.

 

Bibliographie

  • ANSES – Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du Travail, (2016). Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles.
  • Gollac, M et Volkoff, S. (2000). Les conditions de travail. Paris, coll. Repères. Edition de la Découverte.
  • Grosjean, V. (2004). Santé et bien-être en entreprise. Quelles possibilités d’action pour l’Institution Prévention ? Contribution à un ouvrage collectif consacré à la Qualité de Vie au Travail et coordonné par la Société d’Ecologie Humaine et le GDR 2150 du CNRS.
  • Lambert J.L., Poulain J.P., (2002). Les apports des sciences sociales et humaines à la compréhension des comportements alimentaires, revue La santé de l’homme, Paris, INPES, n° 358.
  • Rolland, J.P. (2000). Le bien-être subjectif : revue de question. Pratiques Psychologiques, No1 5-21.

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